Anaiki gizon abesbatza Choeur d'hommes Basque

Notre nouveau programme !

4 juillet 2025

Arraunean ! (A la rame)

L'épopée des pêcheurs Basques à Terre-Neuve

 

Visionner le clip :

https://youtu.be/rJ6zVK2xe3g?si=jdTHfc1TzbfkL_th

Synopsis

 

Partis pour Terre-Neuve chasser la baleine, des marins basques se remémorent leurs derniers moments à terre : des adieux sur le port avant de prendre le large, la célébration de la Sainte Agathe annonçant le retour du printemps et le départ prochain, jusqu'aux veillées d'hiver propices aux histoires et aux légendes.

La traversée est longue et éprouvante, les hommes se languissent de leur famille et de leur bien-aimée. mais pourtant ils chantent et dansent comme pour alléger leur promiscuité. Quand soudain éclate une tempête, le vent rapportant du rivage une lointaine berceuse, comme une complainte. Enfin, la terre apparaît.

Terre-Neuve, un désert gelé ; le travail y est rude et semble interminable pour ces pêcheurs en mal du pays. À la nuit tombée, hypnotisé par les lueurs septentrionales et le ronflement de la mer, un marin posté en vigie s'abandonne au royaume des songes. Les sens enivrés, il confie au vent nocturne une berceuse aux accents métissés : que celle-ci puisse voguer jusqu'au chevet de sa mère et la réconforter dans son sommeil.

Le lendemain, à la mi-journée, on l’aperçut enfin au large, la géante des mers. Le signal est donné, une flottille de chaloupes s'élance vers une joute certaine. Fracas des vagues, harpons fendant l'écume, une danse de sel et de sang. Au crépuscule, la baleine n'est plus. Tandis que sa chair demeure à la surface, son esprit descend sous l'onde vers les profondeurs. Nous sombrons dans l'abysse, s'ouvre alors un monde invisible empli de souvenirs des chasses à la baleine d'antan. Le voyage achève sa course au fin fond de l'abîme, dans la douce obscurité et le silence profond de l'éternelle nuit sous-marine. Tout est calme ici-bas, loin de l'aurore naissante.

Que nous soyons pris au milieu des glaces ou bien en pleine tempête, nous sommes des hommes de la mer, nous sommes des hommes libres.

Histoire du projet

Depuis un certain nombre d'années, Jean-Marie Guezala cherchait à insuffler une nouvelle direction artistique au sein des concerts réalisés par le chœur Anaiki, à proposer autre chose que le format, déjà bien rôdé, du concert-récital (première partie, chants religieux et seconde partie, chants profanes). Ce qu'il souhaite c'est raconter une histoire. Fin 2018, Clément Puyau, alors étudiant au Conservatoire Jack Ralite d'Aubervilliers, foule pour la première fois le sol de la Maison Basque de Paris et rejoint le chœur. En suivant, Jean-Marie y voit une opportunité de collaboration artistique. Il faudra attendre 2022, et un examen du conservatoire nécessitant la réalisation d'un projet personnel, pour que cette rencontre se concrétise. La thématique de ce projet se porte alors sur les marins basques qui partaient pêcher la morue et la baleine jusqu'à Terre-Neuve. Une suite de 9 chants cousus ensemble est réalisée. Elle reprend certains chants déjà bien connus du chœur, tel que le Boga boga de Jesús Guridi, auxquels s'ajoutent de nouveaux chants harmonisés de la main de Clément. Le tout est enrichi d'un quintette à cordes et de percussions qui officient accompagnements, arrangements et même compositions originales.

Le 1er décembre 2022, un concert de 45 minutes est donné à l'auditorium du Conservatoire Jack Ralite d'Aubervilliers, c'est la création de Arraunean! – Vers le large. Une fois le concert terminé, le programme est laissé au repos quelque temps puis vite repris, modifié et complété en vue d'obtenir un programme suffisamment fourni pour satisfaire un concert entier. La suite musicale est alors donnée à nouveau dans le cadre du festival de chœurs Koruak de Bayonne en octobre 2023. Elle est également reprise ensuite à l'église Saint-Laurent à Arbonne, à l'église Saint-Louis-en-l'Île à Paris, à l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz, à l’église Saint-Martin de Biarritz et une seconde fois à Paris. Le programme musical est en perpétuelle mutation et se rapproche chaque fois davantage de sa forme finale.

 

Contenu littéraire et musical

Arraunean! – Vers le large prend la forme d'une suite de chants pour chœur d'hommes, quintette à cordes et percussions. 

La narration s'incarne dans quatre tableaux successifs, chacun revêtant une idée et un lieu : le souvenir (dans la mémoire des marins), l'attente (sur le bateau durant la traversée), les peines (à terre, une fois arrivés au Canada), la baleine (en mer, puis sous l'eau). Les deux premiers tableaux se composent de nombreux chants anonymes issus pour la plupart du chansonnier populaire basque du prêtre Resurrección María de Azkue (1864 – 1951). Plusieurs ont été arrangés et harmonisés par Jesús Guridi (1886 – 1961). Les deux derniers tableaux, quant à eux, contiennent presque intégralement des compositions originales mettant à l'honneur différents textes. 

Le troisième tableau met en musique le poème Ternuaco Penac (Les Tourments de Terre-Neuve) issu du Recueil de quelques pièces de vers anciens et nouveaux (1798) ainsi qu'un texte commandé au musicien et auteur Michel Etchecopar (*1963). Ce dernier est un poème basque intégrant des mots issus du mi'kmaq et de l'innu-aimun, deux langues autochtones de l'est canadien.

Le quatrième et dernier tableau est un cycle narratif sur la chasse et la mort de la baleine. Il est à la croisée des chemins avec le Japon : plusieurs textes de la poétesse Kaneko Misuzu (1903 – 1930), traduits du japonais en basque, sont mis en musique. Elle-même native d'un village de pêcheurs, la chasse à la baleine y est plusieurs fois évoquée. La puissance de son écriture, à la fois d'une grande simplicité et d'une grande profondeur, s'est trouvée être propice à la mise en musique d'une partie plus mystique de ce programme. Le tout dernier chant de ce tableau, et de surcroît, d'Arraunean! – Vers le large, est un solo pour basse avec le texte du poème Le Coquillage “Lune-Soleil” de Kaneko Misuzu. Cette partition est dédiée à un ancien chanteur d'Anaiki, récemment décédé Akiya Hasashi (1941 – 2024), lui-même japonais et basse.

 

Musique

Les compositions de Clément Puyau utilisent principalement un langage diatonique et modal, évoquant à la fois l'aspect traditionnel et l'ancienneté des événements. L'emploi de mélodies harmonisées à la tierce n'est pas sans rappeler une pratique fort usitée au pays basque, particulièrement en Soule. Nous pouvons également entendre l'utilisation de nombreux effets harmoniques, tels que des enchaînements d'accords éloignés avec note pivot, modulations à la tierce ou encore des accords par accumulation. Ces usages nourrissent l'évocation des différentes facettes du voyage proposé par ce spectacle : un voyage en mer jusqu'à Terre-Neuve, un voyage dans le temps, un voyage dans un monde mystique, presque surnaturel.

 

-> Nous recherchons à diffuser ce spectacle à Paris, en Ile-de-France et dans toute la France !

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